En route vers Badr

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En route vers Badr

À Médine, les musulmans pouvaient vivre leur foi en toute liberté et établir les bases de leur société. Cependant, cet équilibre demeurait fragile aux vues des nombreuses menaces qui pesaient sur eux, et de la grande pauvreté dans laquelle ils se trouvaient. Tout individu a un droit fondamental à la vie, à la liberté et à la sécurité, et défendre ces droits élémentaires est également un droit. C’est ce qu’a confirmé Allah, lorsqu’Il a révélé dans ce contexte : La permission de se défendre est donnée à ceux que l’on combat en pure injustice, et Dieu est parfaitement capable de leur donner la victoire [22;39].

Aussi, nous avons vu dans quelles souffrances les musulmans durent s’exiler vers Médine et abandonner la totalité de leurs biens ; biens que les polythéistes Mecquois ne manquèrent pas de s’approprier. Ainsi, lorsque le Prophète (paix et bénédictions sur lui) fut informé qu’une caravane mecquoise de grande valeur, financée en partie par les biens dérobés aux musulmans, revenait de Syrie et devait passait à proximité de Médine, sous le commandement d’Abou Soufyan ; il décida de s’en emparer. Ceci dans le but de récupérer une partie mineure de leurs richesses. Mais au-delà de cet aspect matériel, cette décision avait surtout un caractère hautement stratégique et visait à porter un coup économique sévère à leurs ennemis et leur faire savoir que désormais les musulmans étaient capables de se défendre. Le Prophète (paix et bénédictions sur lui) dit alors à ses compagnons : Voilà une caravane de Qouraïch, il y a là vos biens, allez-y ; peut-être Dieu vous la donnera en butin [Ibn Hicham].

Abou Soufyan, ayant appris l’arrivée musulmans vers sa caravane, décida de faire un détour en empruntant la route côtière et envoya Domdom Ibn Amr à la Mecque pour appeler ses habitants à venir défendre leur caravane. Une fois hors de portée de l’armée du Prophète (paix et bénédictions sur lui), il envoya un second émissaire vers les mecquois pour leur dire qu’il n’y avait plus de menace, et que leur secours n’était plus nécessaire, mais ces derniers étaient déjà en marche, avec à leur tête Abou Jahl ainsi qu’un grand nombre de notables qui étaient décidés, dans leur arrogance, à en découdre. C’était donc une armée d’environ mille hommes qui se dirigeait droit vers le Prophète (paix et bénédictions sur lui) et ses quelques trois cent quatorze compagnons.

D’apparence, la situation devint critique pour les musulmans, mais il n’était plus question pour le Prophète (paix et bénédictions sur lui) de faire demi-tour. En effet, un tel acte aurait eu des conséquences désastreuses et aurait miné le moral des croyants. Il n’était pas non plus question de contraindre qui que ce soit de le suivre ; il décida donc de consulter ses compagnons et de recueillir leurs avis sur la situation. Lors de ce conseil, le Prophète (paix et bénédictions sur lui) reçu le soutien inconditionnel des Mouhajirouns et attendait, incertain, la réaction des Ansars. Saad Ibn Mouadh prit alors la parole en leur nom et s’exprima en ces termes : (…) Je te dis de lever le camp et d’aller où tu veux ! Fais la paix avec qui tu veux ! Défis qui tu veux ! Prends de nos biens ce que tu veux pour nous en laisser ce que tu veux. Ce que tu nous as pris nous est plus cher que ce qui nous reste. Tes ordres sont au-dessus des nôtres. (…) Par Allah, si tu voulais traverser avec nous cette mer, nous te suivrions. Rassuré, le Prophète (paix et bénédictions sur lui) donna l’ordre d’avancer vers Badr, et stationna avec ses compagnons, à proximité des puits. Là, Al Houbab Ibn Al Moundhir demanda au Prophète (paix et bénédictions sur lui) si cette position lui avait été inspirée par Allah, ou si cela était son idée personnelle. Après avoir reçu la confirmation qu’il ne s’agissait pas d’un ordre de son Seigneur, il se permit, de part son expérience de stratège, de conseiller au Messager d’Allah (paix et bénédictions sur lui) de déplacer ses troupes et de prendre le contrôle des puits avant que n’arrivent les associateurs : ceci pour les empêcher de se ravitailler pendant le combat. Le Prophète (paix et bénédictions sur lui) ayant saisi l’avantage stratégique que cela représentait, lui répondit humblement : Exactement, tu viens d’apporter la solution !

C’est ainsi que les musulmans, peu préparés et mal équipés, se tenaient malgré tout fiers et inébranlables, à Badr, attendant l’armée Quraychite. Et le secours d’Allah était proche

alkahf
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