L’après Badr

L’après Badr

L’après Badr

 Deux ans après l’émigration du Prophète (paix et salut sur lui) et de ses compagnons vers Médine, Allah accorda leur première victoire aux musulmans face aux polythéistes de la Mecque. Ceux-là même qui par leurs persécutions les avaient forcés à fuir en abandonnant tout derrière eux. ‘Souvenez-vous du temps où vous étiez peu nombreux sur terre, dénués de tout moyen, et redoutant à tout moment d’être enlevés. Allah vous donna alors un refuge ; Il vous prêta son appui et pourvut au mieux à vos besoins. Souvenez-vous et soyez-en reconnaissant !’ [8;26]. Par cette victoire décisive, les musulmans avaient envoyé un signe fort à l’ensemble des habitants de la péninsule arabe ; à savoir qu’ils étaient sortis de leur position de faiblesse pour devenir un peuple fort et organisé, dont l’influence ne cessait de croître et dont l’appel trouvait de plus en plus de résonance.

Les ennemis de l’Islam voyant dans cette victoire un triste présage, furent abattus par ce retournement de situation. Ainsi la haine des associateurs se multiplia, et ceux-ci jurèrent de venger leurs morts et d’en finir avec les musulmans. D’autres vécurent cela comme un coup dur porté à leurs intérêts. Parmi ceux-là, on trouvait quelques clans de Médine, ainsi que des bédouins errant autour de Médine, qui vivaient du brigandage, et qui craignaient d’en être désormais empêchés par les musulmans. Ceux-là étaient donc prêts à s’engager dans toute alliance susceptible de mettre fin à l’expansion de l’Islam. D’autres encore, avec à leur tête Abdoullah Ibn Oubayy, ne manifestèrent pas ouvertement leur hostilité. Au contraire, sentant le vent tourner, ils décidèrent de se convertir à l’Islam, dans l’apparence, pour préserver leur situation, mais également pour déstabiliser les musulmans de l’intérieur dès qu’ils en auraient l’occasion.

Parmi les actes de malveillance provenant des Quraychites, on citera la tentative d’assassinat fomentée par Omair ibn Wahb qui rencontrant son compagnon Safwan Al Joumhi et évoquant avec lui le sort des gens tués à Badr lui dit : ‘(…) si je n’avais pas une dette que je n’arrive pas à payer et une famille dont je crains l’égarement après moi, j’enfourcherais mon cheval pour aller tuer Mohammad (…)’. Safwan lui garanti alors qu’il paierait sa dette et prendrait soin de sa famille pour lui, s’il mettait à exécution sa funeste intention. Omair accepta et partit immédiatement pour Médine empli de haine et déterminé à tuer le Prophète (paix et salut sur lui). Là, Omar ibn Khattab l’aperçut et dit : ‘Celui-là est l’ennemi d’Allah, il ne vient que pour le mal’, puis l’emmena au Messager d’Allah (paix et salut sur lui) pour le questionner. Il prétexta être venu pour les exhorter à bien traiter son fils qui était retenu prisonnier à Médine, mais le Prophète (paix et salut sur lui) le reprit en lui rapportant, au mot près, la discussion qu’il avait eu avec Safwan, et leur complot pour l’assassiner. Omair qui n’en avait parlé à personne lui dit alors : ‘J’atteste que tu es le Messager d’Allah. O Messager d’Allah ! Nous te démentions et traitions de mensonges ce que tu nous rapportais du ciel et ce qui t’était révélé. Ce que tu viens de dire n’était connu que de Safwan et de moi. Je jure que tes informations ne proviennent que d’Allah. Louange à Allah qui m’a guidé vers l’Islam, et qui m’a fait entreprendre cette démarche’. 

De leur côté, les quelques tribus de Médine qui n’avaient pas embrassé l’Islam ne manquaient pas, à la moindre occasion d’afficher leur hostilité envers les musulmans et de les provoquer, alors que ces derniers redoublaient de bienveillance à leur égard. La plus hostile des tribus était celle des Banou Qaynouqa’, qui n’hésita pas, par exemple à humilier une femme musulmane en public, en accrochant ses vêtements dans un marché, si bien que sa nudité fut dévoilée. S’en suivit une rixe au cours de laquelle un musulman perdit la vie.

Un tel évènement aurait du être réglé de façon équitable et pacifique, pourtant les Banou Qaynouqa’ voulurent en profiter pour pactiser avec Abdoullah Ibn Oubayy l’hypocrite, afin de créer une coalition contre les musulmans. Le Prophète (paix et salut sur lui) réagit rapidement et donna l’ordre d’assiéger la forteresse de la tribu hostile, qui au bout de quinze jours de siège fut contrainte de se rendre. Là, Ibn Oubayy qui avait déclaré son Islam, et dont le Prophète(paix et salut sur lui) connaissait les conspirations, intercéda en leur faveur. Ils durent alors quitter Médine, et ne subirent aucun autre préjudice.

Tous ces complots ne faisaient que renforcer la détermination des croyants, et le traitement juste et équitable qu’en faisait le Prophète (paix et salut sur lui) continuait d’attirer de nouveaux adeptes en quête de vérité. Ceci inquiéta les Quraychites qui décidèrent d’accélérer la mise en œuvre de leur vengeance, et les préparatifs pour ce qui sera la bataille d’Ohod commencèrent

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